Chorale ZAP' L D'AIR

Chorale ZAP' L D'AIR

Opération Nostalgie

       

     OPERATION NOSTALGIE

Les moins de 20 ans n'auront jamais dans la tête tout ce noir et blanc d'un autre âge sorti tout droit d'une télévision aussi épaisse que 20 ordinateurs portables empilés les uns sur les autres! À l'instar des premiers films du cinématographe nous avons vécu quelques années qui mariaient technologie et innovation avec académisme et pudeur, inventivité artistique et création conceptuelle avec classicisme et conformisme.


Ainsi "Dim Dam Dom" cohabitait avec "La caméra explore le temps" et "Belphégor" déambulait mystérieusement dans les couloirs du Louvres tandis qu'une speakerine fut renvoyée sur le champ pour des genoux trop voyants! Mais pouvait-il en être autrement avant 1968 et même tout de suite après ?

Il reste que nous regrettons parfois une télévision qui savait divertir sans abrutir et laisser du temps à faire autre chose. Mais la nostalgie n'est-elle pas surtout le souvenir répété, presque lancinant, de quelques notes de musique sur des images animées - comme on en fait plus - ou bien l'inverse, pour les moins auditifs!

Ces souvenirs sont si doux à revoir et à ré-entendre!




VIDEOS

1/ Générique d'ouverture de l'ORTF qui remplaça la RTF en 1964. Le générique de fin était le même mais inversé avec en final une grande étoile scintillante.
2/ Le concept de la pendule a vu le jour à la télévision dès 1956. L'horloge à spirale de l'ORTF - de Houriez - a été mise en service dès 1959. Filmée en plan fixe elle servait d'interlude pour combler les "trous" entre les programmes ou faire patienter le télespectateur lors des problèmes techniques de télétransmission. Un rappel de taille: à l'époque point de publicité! L'indicatif dit "Chenonceau" a été composé par André Grassi. Cette pendule, très recherchée aujourd'hui, a connu un vrai succès décoratif dans les foyers français des années 60.
3/ "Le petit train Rébus" a été créé par Maurice Brunet le 15 septembre 1960 à la demande de Pierre Sabbagh qui voulait renouveler les images fixes des interludes. Ce petit train serpentait lentement dans des paysages qui rappelaient ceux de notre pays au son d'une
musique un rien obsédante intitulée "Endlessly" c'est à dire "sans fin"... Ses wagons proposaient un rébus réparti sur chacun d'eux puis le petit train terminait sa course à la gare de la Solution! Dès avril 1963 il est remplacé par le Petit Train de la Mémoire. L'idée est la même que le rébus mais avec des petits bouts de dessins sur tous les wagons qu'il faut assembler en fin de parcours pour reconstituer le dessin initial.
4/ "Histoires sans paroles" est une émission qui présentait une sélection de films muets en noir et blanc des années 1920 à 1930. Ce programme était diffusé le dimanche soir aux alentours de 17h00 sur la première chaîne de l'ORTF, puis sur TF1 dans les années 70. De durée assez courte cette émission était souvent recyclée en interlude. La musique inoubliable du très inventif générique est une création du compositeur français Jean Wiener à partir d'une chanson intitulée "Chicken reel" (1910) composée par Joseph M Daly.
5/ "Aujourd'hui Madame" est le type même d'émission qui a fait les beaux jours ou plutôt les après-midi des femmes au foyer (mais pas que ...) en présentant des sujets de société pertinents. Ancêtre de nos émissions à rubriques qui ne cessent de se copier les unes des autres, "Aujourd'hui Madame" tenait déjà ce concept avec un ton résolument féminin - qui surprendrait peut-être de nos jours - sans toutefois écarter la présence des hommes. Ce rendez-vous hebdomadaire de qualité a perduré des décennies avec la même formule: une animatrice lançait un sujet de société avec discussion et débat autour de professionnels et de témoins. La musique du générique - le style vocal est typique de l'époque et rappelle les Swingle Singers, le groupe féminin des "Parisiennes" ou le générique des "Saintes Chéries"- est de Jo Moutet.
6/ "Les dossiers de l'écran" est l'émission phare de la télévision des années 60 et 70. Diffusée sur la 2° chaîne de l'ORTF elle était d'une redoutable efficacité. Son animateur présentait dans un premier temps un film dont le sujet faisait ensuite débat avec spécialistes et téléspectateurs qui appelaient au téléphone à SVP pour poser leur question que le célèbre Guy Darbois se chargeait de collecter. Parfois le débat était houleux mais toujours respectueux. Modèle du genre cette émission n'a jamais été égalée et demeure encore une référence. Le premier numéro de l'émission était consacré aux criminels nazis. Par la suite ont été abordés les questions de société (les femmes, l'avortement, la sexualité, la politique ...) ou les grands événements mondiaux (la marche sur la lune, les avancées de la médecine ...). Qui n'a pas tremblé en entendant le générique de l'émission ? Qui n'a pas parlé de l'émission le lendemain à l'école ou au bureau ? Mais saviez-vous que la musique angoissante de l'émission est un extrait du "Spirituals for orchestra" (1941) de Morton Gould,
intitulé "Protest", repris en 1969 dans la BO du superbe film de Jean-Pierre Melville: "L'armée des ombres".
7/ "Bonne nuit les petits" ou "Nounours". Faire un historique de "Nounours" est possible mais ce serait long. Il faut tout de même savoir que "Bonne nuit les petits" est une série télévisée française créée par Claude Laydu. Sa date de lancement est le 12 décembre 1962 sur le première chaîne de la RTF. En noir et blanc puis en couleur sur le tard, "Bonne nuit les petits" a comporté 568 épisodes et 5 émissions spéciales réalisés entre 1962 et 1973. À partir de 1976 une 3° série de 78 épisodes de 5 minutes est diffusée en couleurs dont le titre est tout simplement "Nounours". En février 1995, France 2, la 2° chaîne nationale, programme une nouvelle série de 195 épisodes de 3 minutes définitivement en couleurs. Une troisième série de 78 épisodes de 5 minutes est diffusée à partir de février 1996.
L'histoire type d'un épisode: un ours, Nounours, vient rendre visite à deux enfants chaque soir, avant leur coucher. Il leur parle, les écoute, les rassure ou leur raconte une histoire. Avant de rejoindre son nuage il leur dit sur un ton grave et serein cette fameuse phrase: "Bonne nuit les petits, faites de beaux rêves !" et une poignée de sable d'or s'abat les enfants endormis. L'ours regagne alors son nuage au son de l'air "Que ne suis-je la fougère?", joué à la flûte à bec par le Marchand de sable. Cette musique serait celle d'un air baroque de Pergolèse qu'interprétait le groupe Syrinx. Pour beaucoup de personnes "Nounours" est une émission de chevet incontournable qui annonçait le coucher des petits tandis que les parents s'apprêtaient à regarder en toute tranquillité leur journal télévisé... Mais puisqu'on vous dit que c'est une autre époque!







07/04/2010
1 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 80 autres membres