Chorale ZAP' L D'AIR

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La chanson de Dolly Pentraeth

La chanson

de

Dolly Pentraeth

 

Poème de Pierre Jakez Helias / Musique de Etienne Daniel

 

 

 

Pierre-Jakez Helias

Per Jakez Helias

(1914*1995)

 

 

 

Pierre-Jakez Helias est né à Pouldreuzic, dans le Finistère, issu d'une famille d'agriculteurs pauvres. Son enfance, très heureuse, est nourrie par les contes et les légendes de ses deux grands-pères: Alain Helias et Alain Le Goff. Ne parlant que le breton à la maison il apprend le français à l'école primaire. Il obtient son Bac en 1932  et poursuit ses études à Rennes en Lettres Supérieures. Pierre-Jakez Helias rencontre des poètes et des écrivains bretons comme Le braz et Saint Pol Roux, puis  Max Jacob et Louis Guilloux. Mobilisé en 1939, il reste en Bretagne. En 1943 il est professeur à Fougères, puis en 1945 rédacteur en chef de l'hebdomadaire du Mouvement de Libération "Vent d'ouest". À la demande du Maire de Rennes de l'époque il s'occupe d'une émission de radio en langue bretonne, pendant 12 ans, puis enseigne de 1946 à 1975 à l'École Normale de Quimper. Pendant cette longue période il co-fonde le Festival de Cornouailles, dirige la commission floklorique de la Ligue de l'Enseignement, écrit pour "la Bretagne à Paris" et "Ouest-France". Pierre-Jakez Helias publie son premier recueil de poèmes en langues bretonne et française, "Manoir secret". Il écrit également pour la scène théâtrale. À la retraite, on lui offre une agrégation en Lettres Modernes sans passer le concours. C'est à ce moment qu'il publie "Le cheval d'orgueil" qui remporte un énorme succès public qu'il espère faire durer avec une suite, "Les autres et les miens". En réponse au "Cheval d'orgueil", Xavier Grall publiera 2 ans après "Le cheval couché", ouvrage qui accuse Helias "de se coucher" devant l'idéal laïc de Jules Ferry qui se base en partie sur l'éviction des langues régionales. Pierre-Jakez Helias répond à Grall par son livre "Le quêteur de mémoire" (1990) où il explique qu'il donne toute son énergie pour sauver sa culture en faisant du collectage. Mort en 1995, Hélias a bien rempli sa carrière littéraire en touchant à tous les styles littéraires; contes, romans, témoignage sociologique, théâtre, poésie, sketches burlesques et articles de journaux. Mais c'est probablement à travers ses poèmes qu'il s'est le mieux exprimé.

"La chanson de Dolly Pentraeth" est l'un d'eux. Écrit sous forme d'élégie (une forme poétique qui aborde la mort ou la souffrance), ce poème exprime tout le fatalisme de Pierre-Jakez Helias face au déclin de sa langue bretonne qu'il constate et regarde avec passivité, tout comme Dolly Pentraeth a vu disparaître avec elle une culture et un monde. Helias n'a d'ailleurs pas transmis le breton à ses enfants. On lui reprochera souvent cette position attentiste tandis qu'un mouvement politique et culturel avait déjà entrepris de réveiller la Bretagne et de revaloriser son identité.

 

 

Dolly Pentraeth

 

     

 Portrait et tombe de Dolly Pentraeth

 

Dolly Pentraeth était une marchande de poisson du 18° siècle qui parlait exclusivement le cornique, une langue celte de la Cornouailles, au Royaume Uni. La tradition veut que la mort de Dolly Pentraeth, survenue en 1777, ait sonné le glas du cornique, étant la seule à le parler. Mais on pense plutôt que le dernier locuteur véritablement unilingue était un homme du nom de Chesten Marchant et décédé en 1676, c'est à dire 100 ans auparavant. Toutefois, même si Dolly Pentraeth devait certainement parler l'anglais, elle comptait parmi les dernières personnes à pratiquer couramment le cornique et on peut certainement rendre justice à sa détermination quand elle déclara sur son lit de mort: « Me ne vidn cewsel Sawznek ! »  c'est à dire  « Je ne parlerai pas l'anglais ! ».

Par la suite on obtint quelques preuves d'une certaine survivance du cornique avec des groupes d'individus isolés dont des pêcheurs qui comptaient en cornique et ce jusqu'en 1940, et des mineurs de fond qui conservaient un usage traditionnel de la langue.

 

Cliquer sur le drapeau de la Cornouailles

pour télécharger le texte de "La chanson de Dolly Pentraeth"

 

 

 Le cornique

 

Le cornique (ou dans la langue: kernewek / kernowek) est une langue celte très proche du breton vannetais, avec des emprunts à l'anglais. Il existait 3 orthographes du cornique: un cornique unifié comtemporain, un cornique soucieux de simplifier la phonétique des sons médiévaux, et un cornique se basant sur celui du 18°s. Depuis 2008 il prévaut un cornique définitif avec une orthographe standard. Aujourd'hui le cornique est promu par un Office de la langue cornique. Radios, musiques et livres en poursuivent la pérennisation au sein de la Cornouailles. Depuis 2007 il a été officiellement reconnu comme langue régionale par le Royaume Uni. En 2008, on a dénombré 3500 personnes qui s'expriment en cornique au Royaume Uni et dans le monde.

 

 

 

 

Vidéos

 

1/ Pierre-Jakez Helias raconte.

2/ Témoignage: Interdiction de parler breton!

3/ Tri Yann: "La découverte ou l'ignorance"

 

 

 



11/10/2011
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