Madame Magda Olivero
Connaissez-vous
Magda Olivero
Pourtant cette dame a chanté toute sa vie durant sur des scènes d'opéras les rôles de Mimi, Flora Tosca, la Traviata, Adriane Lecouvreur, Fedora, Liù etc ...

Magda Olivero est considérée comme la plus grande chanteuse d'opéra de l'école du "verismo". Cette école est un peu désuète de nos jours car elle appuyait sur un jeu exagéré des sentiments et des attitudes comme le théâtre dramatique de Sarah Bernardt.
Magda Olivero est née en Italie, à Saluzzo, le 25 mars 1910. Ses professeurs lui trouvait une voix fluette. Malgré les critiques elle persévéra avec l'aide du maestro Luigi Gerussi qui connaissait l'art du chant des castrats. Elle fit ses début en 1932 à la radio de Turin dans un oratorio. Jusqu'à 1941 elle se produisit sur les scènes des opéras italiens dans des rôles de sopranos légers. Sa voix perlée avait de solides bases pour résister et s'étoffer. Son professeur lui apprit l'art du messa-voce, cette technique des castrats qui consiste à retenir le son puis à l'enfler et enfin le retenir à nouveau. Cette technique demande un souffle et une maîtrise vocale impressionnants, des atouts respiratoires évidents pour une chanteuse qui les utilisera plus tard à merveille.
Magda Olivero se marie bourgeoisement en 1941 et entend arrêter sa carrière pour se consacrer à son ménage. La guerre éclate. Elle restera auprès de son mari dont l'usine est retenue par Mussolini, contrainte à soutenir l'effort de guerre. Deux fausses couches arrêtent définitivement ses espoirs de maternité. Sa vie se passe calmement sans aucun désir de chanter à nouveau en public. Toutefois elle est rappelé par Cilea, le compositeur d' "Adrienne Lecouvreur", qui la réclame pour interpréter son héroïne et pour laquelle il ne veut personne d'autre. Magda fléchira un an plus tard mais Cilea décèdera entre temps. Adrienne Lecouvreur sera l'affaire de sa vie, Cilea ressentait son héroïne exactement comme Magda Olivero jusque dans la mort qu'elle chantait et pour le maestro elle était Le Personnage.

Adrienne Lecouvreur
De 1951 et jusqu'aux années 90 (!), Magda Olivero a chanté régulièrement en Italie et pour des concerts au Concertgebouw d'Amsterdam pendant quelques années et pour lesquels il existe des enregistrements. Elle eut également l'intelligence d'accepter les créations italiennes d'oeuvres modernes comme "Le dialogue des carmélites" de Poulenc, "Le chapeau de paille" de Nino Rota, "La voyante" de sauguet, "La voix humaine" de Poulenc, "L'orféide" de Malipiero, "The medium" de Menotti etc... Elle a chanté "Médée" de Chérubini à Dallas aux USA en 1967. En 1975, à 60 ans, elle chante au Met de New York pour la 1° fois, dans le rôle de Tosca, où un parterre de stars de l'opéra l'applaudit à tout rompre.
Au fil du temps, la voix de Magda Olivero s'est étoffée; ses aigus ont pris corps. Son jeu passionné dramaturgique a compté pour elle autant que son chant et on le lui a reproché. L'école du Verismo ou Vérisme perdurait avec elle et ce malgré les esprits chagrins qui la considérait comme une caricature de sdivas éplorées d'antan avec des gestes emphatiques. Renata Tebaldi usait aussi du Verismo à la même époque; mais ses airs de star l'opposaient à l'autre étoile du moment, la Callas. Mais le caractère de diva des 2 chanteuses enflammait la presse à coups de scandales et de coups montés par les journaux. Magda Olivero, petite bourgeoise sans histoire, n'attirait pas l'intérêt des medias. Elle est restée en retrait de tout ce remue ménage n'ayant que peu de goût pour l'exposition publique et les voyages hors de sa patrie, ce qui l'a sans doute tenue éloignée pour un temps des grandes scènes internationales et qui a laissé le champ libre à la Callas ou la Tebaldi. Tranquillement elle poursuivit sa carrière avec des partenaires de choix qui sont aujourd'hui les plus grands chanteurs lyriques du 20°s (du plus vieux au plus jeune: Gigli, Corelli, Björling, del Monaco, Lauri-Volpi, Pavarotti, Domingo ...). L'industrie du disque ne s'est jamais vraiment intéressée à elle. Seule peut-être Leyla Gencer pourrait lui ravir le titre de Reine de l'enregistrement pirate! Pour une Tebaldi et une Callas les captations officielles sur scène étaient une évidence.
L'art de Magda Olivero est un art complet au service d'une histoire et d'un personnage, rien de plus et pourtant... Quand le chant ne lui suffit plus pour exprimer un sentiment elle peut parler, gémir, chuchoter et pleurer mais toujours à bon escient et sans altérer le portée de sa voix. Chez Magda Olivero chaque mot a sa signification et sa couleur propre. Par exemple l'assassinat de Scarpia permet à Tosca/Magda de chanter comme personne ne l'a fait, avec encore en tête le souvenir de sa main qui plonge le couteau dans le coeur d'un homme détesté. L'horreur du geste s'entend dans sa voix avec ces dernières phrases parlées dans un souffle de haine vengeresse juste au dessus du cadavre tout chaud de Scarpia: "Davanti a lui tutta Roma tremava" (Devant lui tout Rome tremblait). Tosca a tué comme une bête blessée l'aurait fait pour sauver sa peau. Aucun remord dans sa voix mais le dégoût froid de ce que représente le cadavre de celui qui voulait la détruire. Magda Olivero vivait ses personnages. Le vibrato de son timbre agace et fait dire à certains que les notes chantées ne sont pas toutes belles à entendre, c'est possible si on conçoit le chant comme un art esthétique figé qui ne renvoit aucune émotion. À vous de juger.
Magda Olivero a chanté jusqu'à ses 83 ans lors de concerts privés ou dans des églises. Sa voix d'octogénaire est une véritable surprise pour ceux qui ne la connaissent pas car elle a conservé miraculeusement ses aigus et sa force de chant. Pour contrecarrer ses graves qui ne tiendraient pas, Magda Olivero a l'intelligence de chanter-parler, ce qui donne encore plus de force à son interprétation complètement habitée (concerts ci-dessous).
Magda Olivero possède une expressivité et une incroyable richesse tonale, le moindre mot est nuancé, toujours en rapport avec son jeu dramatique. Pour donner une idée de son caractère bien déterminé elle déclara qu'elle amait peu les héroïnes passives mais qu'elle se damnerait pour chanter un seul air d'Otello dans l'opéra de Verdi.
Magda vient de fêter ses 99 ans au mois de mars 2009
et lors d'un hommage qu'on lui a rendu elle a chanté un air de l'opéra de Zandonai "Francesca da Rimini".
Écoutez cette voix qui résonne encore!

Index des Vidéos
1/ Liu dans Turandot de Puccini - 1938
2/ Violetta dans la Traviata de Verdi - 1959
3/ Tosca dans Tosca de Puccini - 1960
4/ Adrienne dans Adrienne Lecouvreur de Cilea - 1959
5/ Adrienne dans Adrienne Lecouvreur de Cilea - 1993
6/ Manon dans Manon Lescaut de Puccini - 1993
Magda Olivero chante à 83 ans!
7/ Francesca dans Francesca da Rimini de Zandonai - 2009
Magda Olivero chante à 99 ans!
Magda Olivero se marie bourgeoisement en 1941 et entend arrêter sa carrière pour se consacrer à son ménage. La guerre éclate. Elle restera auprès de son mari dont l'usine est retenue par Mussolini, contrainte à soutenir l'effort de guerre. Deux fausses couches arrêtent définitivement ses espoirs de maternité. Sa vie se passe calmement sans aucun désir de chanter à nouveau en public. Toutefois elle est rappelé par Cilea, le compositeur d' "Adrienne Lecouvreur", qui la réclame pour interpréter son héroïne et pour laquelle il ne veut personne d'autre. Magda fléchira un an plus tard mais Cilea décèdera entre temps. Adrienne Lecouvreur sera l'affaire de sa vie, Cilea ressentait son héroïne exactement comme Magda Olivero jusque dans la mort qu'elle chantait et pour le maestro elle était Le Personnage.
Adrienne Lecouvreur
De 1951 et jusqu'aux années 90 (!), Magda Olivero a chanté régulièrement en Italie et pour des concerts au Concertgebouw d'Amsterdam pendant quelques années et pour lesquels il existe des enregistrements. Elle eut également l'intelligence d'accepter les créations italiennes d'oeuvres modernes comme "Le dialogue des carmélites" de Poulenc, "Le chapeau de paille" de Nino Rota, "La voyante" de sauguet, "La voix humaine" de Poulenc, "L'orféide" de Malipiero, "The medium" de Menotti etc... Elle a chanté "Médée" de Chérubini à Dallas aux USA en 1967. En 1975, à 60 ans, elle chante au Met de New York pour la 1° fois, dans le rôle de Tosca, où un parterre de stars de l'opéra l'applaudit à tout rompre.
Au fil du temps, la voix de Magda Olivero s'est étoffée; ses aigus ont pris corps. Son jeu passionné dramaturgique a compté pour elle autant que son chant et on le lui a reproché. L'école du Verismo ou Vérisme perdurait avec elle et ce malgré les esprits chagrins qui la considérait comme une caricature de sdivas éplorées d'antan avec des gestes emphatiques. Renata Tebaldi usait aussi du Verismo à la même époque; mais ses airs de star l'opposaient à l'autre étoile du moment, la Callas. Mais le caractère de diva des 2 chanteuses enflammait la presse à coups de scandales et de coups montés par les journaux. Magda Olivero, petite bourgeoise sans histoire, n'attirait pas l'intérêt des medias. Elle est restée en retrait de tout ce remue ménage n'ayant que peu de goût pour l'exposition publique et les voyages hors de sa patrie, ce qui l'a sans doute tenue éloignée pour un temps des grandes scènes internationales et qui a laissé le champ libre à la Callas ou la Tebaldi. Tranquillement elle poursuivit sa carrière avec des partenaires de choix qui sont aujourd'hui les plus grands chanteurs lyriques du 20°s (du plus vieux au plus jeune: Gigli, Corelli, Björling, del Monaco, Lauri-Volpi, Pavarotti, Domingo ...). L'industrie du disque ne s'est jamais vraiment intéressée à elle. Seule peut-être Leyla Gencer pourrait lui ravir le titre de Reine de l'enregistrement pirate! Pour une Tebaldi et une Callas les captations officielles sur scène étaient une évidence.
L'art de Magda Olivero est un art complet au service d'une histoire et d'un personnage, rien de plus et pourtant... Quand le chant ne lui suffit plus pour exprimer un sentiment elle peut parler, gémir, chuchoter et pleurer mais toujours à bon escient et sans altérer le portée de sa voix. Chez Magda Olivero chaque mot a sa signification et sa couleur propre. Par exemple l'assassinat de Scarpia permet à Tosca/Magda de chanter comme personne ne l'a fait, avec encore en tête le souvenir de sa main qui plonge le couteau dans le coeur d'un homme détesté. L'horreur du geste s'entend dans sa voix avec ces dernières phrases parlées dans un souffle de haine vengeresse juste au dessus du cadavre tout chaud de Scarpia: "Davanti a lui tutta Roma tremava" (Devant lui tout Rome tremblait). Tosca a tué comme une bête blessée l'aurait fait pour sauver sa peau. Aucun remord dans sa voix mais le dégoût froid de ce que représente le cadavre de celui qui voulait la détruire. Magda Olivero vivait ses personnages. Le vibrato de son timbre agace et fait dire à certains que les notes chantées ne sont pas toutes belles à entendre, c'est possible si on conçoit le chant comme un art esthétique figé qui ne renvoit aucune émotion. À vous de juger.
Magda Olivero a chanté jusqu'à ses 83 ans lors de concerts privés ou dans des églises. Sa voix d'octogénaire est une véritable surprise pour ceux qui ne la connaissent pas car elle a conservé miraculeusement ses aigus et sa force de chant. Pour contrecarrer ses graves qui ne tiendraient pas, Magda Olivero a l'intelligence de chanter-parler, ce qui donne encore plus de force à son interprétation complètement habitée (concerts ci-dessous).
Magda Olivero possède une expressivité et une incroyable richesse tonale, le moindre mot est nuancé, toujours en rapport avec son jeu dramatique. Pour donner une idée de son caractère bien déterminé elle déclara qu'elle amait peu les héroïnes passives mais qu'elle se damnerait pour chanter un seul air d'Otello dans l'opéra de Verdi.
Magda vient de fêter ses 99 ans au mois de mars 2009
et lors d'un hommage qu'on lui a rendu elle a chanté un air de l'opéra de Zandonai "Francesca da Rimini".
Écoutez cette voix qui résonne encore!

Index des Vidéos
1/ Liu dans Turandot de Puccini - 1938
2/ Violetta dans la Traviata de Verdi - 1959
3/ Tosca dans Tosca de Puccini - 1960
4/ Adrienne dans Adrienne Lecouvreur de Cilea - 1959
5/ Adrienne dans Adrienne Lecouvreur de Cilea - 1993
6/ Manon dans Manon Lescaut de Puccini - 1993
Magda Olivero chante à 83 ans!
7/ Francesca dans Francesca da Rimini de Zandonai - 2009
Magda Olivero chante à 99 ans!

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