Isabelle Georges à la Cigale

 
Isabelle Georges


Ce fut un beau spectacle, j'y étais!!!


Isabelle Georges est le type même de l'artiste pluridisciplinaire: elle joue la comédie, chante, danse et fait des claquettes! Un arsenal artistique tout à fait classique dans une carrière aux États-Unis mais très rare dans notre pays (et si mal reconnu). Dotée d'un physique sculptural - qu'elle habille à plusieurs reprises de superbes tenues comme une politesse rendue aux spectateurs - Isabelle Georges chante avec émotion sans jamais forcer la voix.

Au cours de sa carrière Isabelle Georges a naturellement interprété des chansons en yiddish dans ses propres spectacles. C'est son identité et sa sensibilité. Le répertoire des chansons est donc en yiddish mais aussi en anglais, un choix tout à fait justifié dans le titre même du spectacle: "Du shtetl à New York".

Au cours de ce spectacle - une reprise car déjà monté à Paris auparavant - elle interprète des chansons qui pourraient être celles d'un émigrant de l'Europe de l'est qui partirait de son shtetl - une ville (un bourg ou un quartier) habitée uniquement par des juifs, regroupés en communauté culturelle, religieuse et économique, qui reste très ouverte sur le monde extérieur pour commercer et évoluer intelectuellement avec le monde. Tout le contraire d'un ghetto.

Isabelle Georges commence son spectacle par une berceuse; une pause au cours du long voyage de l'émigrant entre l'Europe et l'Amérique, comme un air maternel qui apaise et redonne du courage. Puis c'est l'arrivée en Amérique! Explosion de joie "S'Wonderful!" avec des airs chantés en anglais qui ont fait les beaux jours des comédies musicales des années 30-40-50, et pour beaucoup composés par des juifs émigrants d'Europe centrale. Suivent des chansons qu'on appelle des standards et dont le jazz s'est nourrit comme "Stormy weather", "My man" ou "My funny Valentine" et "Over the rainbow" (voir ci-dessous).
 


Mais sitôt le tumulte de la nouveauté évanouit, le yiddish revient en mémoire, un peu comme une piqûre de rappel pour le nouvel américain qui se serait peut-être un peu oublié. C'est le moment phare du spectacle, LA chanson, celle qui rassemble et unit comme une berceuse du shtetl: "Bei mir bist du shein". Ecrite pour une comédie musicale qui ne connut pas de succès, les droits de la chanson furent cédés pour 30 dollars. En 1937 elle est chantée en yiddish dans un théâtre de Harlem par un duo noir américain. Aussitôt entendue par Sammy Cahen, un compositeur et librettiste important de Broadway, la chanson est rachetée. Les paroles sont réécrites en anglais sous le titre germanisé "Bei mir bist du schoen" et l'interprétation revient aux Andrew Sisters qui en feront un succès mondial. Isabelle Georges donne sa version personnelle de cette chanson mêlant tradition musicale yiddish, tango et jazz, le tout animé par une énergie folle que ses claquettes achèvent de rendre inoubliable (voir ci-dessous).



Que dire de l'ensemble instrumental "Sirba Octet" , Sinon qu'il est superbe et qu'il trouve  parfaitement sa place au sein de ce spectacle car c'est lui qui en donne toute la couleur. Clarinette, violons, cymbalum, piano, violoncelle, contre-basse se mêlent et s'entremêlent aux rythmes endiablés des contrées d'Europe de l'est que la clarinette yiddish apprivoise avec ses sons syncopés comme une lamentation religieuse.
La reprise de "Rhapsody in blue" de Gershwin est magnifique.

L'octet prend peu à peu ses marques face aux public et du coup sur scène il existe 2 spectacles dans le spectacle, la chanteuse et les musiciens et les musiciens seuls.

Merlin


Article ajouté le 2009-11-03 , consulté 28 fois

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